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Journées ANDIISS Bourgogne Franche-Comté — Tournus (71) : optimisation énergétique et hydrique des centres aquatiques

À l’occasion des journées ANDIISS Bourgogne Franche-Comté, le 13 novembre 2025 à Tournus (71), M. Olivier CONVERT (AME Centres Aquatiques) est intervenu sur l’optimisation énergétique et hydrique des centres aquatiques, à partir des enseignements du GRAP69 (Groupement Rhônalpin des Acteurs de la Piscine) et du retour d’expérience des Bassins de l’Aqueduc à Mornant (69).

5 leviers d’action — du moins au plus efficace

Levier Nature Résultat constaté à Mornant
Baisse de la température des bassins et des douches Geste de communication Adopté par 70% des centres interrogés, sans évaluation agrégée des gains ni de l’impact sur la fréquentation.
Optimisation des débits de CTA et de filtration Sobriété Réduction du brassage d’air en heures creuses, plusieurs milliers d’euros d’économies mensuelles.
Relamping LED et asservissement des débits aux périodes d’inoccupation Sobriété Gains immédiats, sans investissement lourd.
Pose de panneaux photovoltaïques Décarbonation 1 621 m² installés, 350 kWc, environ 390 000 kWh produits par an, retour sur investissement de l’ordre de 8 ans.
Récupération de chaleur couplée au pilotage des données de consommation Sobriété et décarbonation Volume d’eau neuve ramené de 10 000 à 5 800 m³/an (-42%), gain de 96 MWh, retour sur investissement inférieur à 2 ans.

Source : intervention ANDIISS Bourgogne Franche-Comté, 13/11/2025 — retour d’expérience des Bassins de l’Aqueduc à Mornant (GRAP69).

1. Un parc vieillissant face à un cadre réglementaire qui se durcit

Le GRAP69 (Groupement Rhônalpin des Acteurs de la Piscine) réunit 45 membres et plus de 60 piscines, dont 80% situées dans le Rhône. Son enquête menée auprès de 35 sites montre que plus de la moitié du parc a été construite avant 2000, que les trois quarts des équipements sont chauffés au gaz, et que la consommation moyenne du parc atteint 3 393 kWh par m² de plan d’eau et par an, loin des seuils de performance (moins de 3 000 kWh/m²/an) ou de très haute performance (moins de 2 500 kWh/m²/an). Ce constat s’inscrit dans un cadre réglementaire qui se durcit : le dispositif éco-énergie tertiaire (DEET) impose des paliers de réduction de -40%, -50% puis -60% des consommations d’ici 2030, 2035 et 2041, et l’obligation BACS impose désormais un système d’automatisation et de contrôle des bâtiments aux équipements de plus de 290 kW.

Source : enquête GRAP69 auprès de 35 sites (avril 2021) ; dispositif éco-énergie tertiaire (DEET) ; obligation BACS (bâtiments ≥290 kW).

2. Des leviers d’action à hiérarchiser, du plus risqué au plus rentable

Le cas des Bassins de l’Aqueduc à Mornant illustre l’écart entre les gestes de communication et les leviers réellement mesurables. Baisser la température des bassins ou des douches reste un geste fortement médiatisé, mais sans évaluation agrégée de ses gains ni de ses effets sur la fréquentation. À l’inverse, l’optimisation des débits de CTA et de filtration, le relamping LED, la pose de panneaux photovoltaïques et la récupération de chaleur couplée au pilotage des données produisent des résultats chiffrés et un retour sur investissement documenté, parfois inférieur à deux ans.

Source : retour d’expérience des Bassins de l’Aqueduc à Mornant (GRAP69).

3. Une méthode en 3 étapes pour sortir du bricolage de crise

La méthode proposée par le GRAP69 distingue trois étapes. La première est une analyse micro, fondée sur les données de consommation réelles de l’équipement, notamment via la plateforme OPERAT. La deuxième est une analyse macro, qui décompose la consommation en quatre blocs : l’enveloppe du bâtiment, la production de chaleur, les usages électriques et les usages liés à la fréquentation humaine. La troisième étape consiste à hiérarchiser les actions identifiées au sein d’un plan pluriannuel d’investissement (PPI), pour passer d’une succession de mesures ponctuelles à une stratégie de long terme.

Source : méthode GRAP69, intervention ANDIISS Bourgogne Franche-Comté, 13/11/2025.

4. L’eau, angle mort de la transition énergétique des centres aquatiques

L’eau d’un centre aquatique coûte environ trois fois plus cher que l’eau de ville, et la consommation peut atteindre 200 litres par jour et par baigneur. Cette consommation se répartit principalement entre le contre-lavage des filtres (40 à 50%), le renouvellement de l’eau des bassins (17 à 20%) et les douches (18 à 35%). Le cadre réglementaire s’est lui aussi renforcé, avec le décret n°2023-835 du 29 août 2023 et l’arrêté du 12 juillet 2024, qui encadrent la réutilisation des eaux usées traitées (REUT), dans le sillage du Plan Eau qui vise 1 000 projets de réemploi d’ici 2027.

Source : décret n°2023-835 du 29/08/2023 ; arrêté du 12/07/2024 ; Plan Eau (objectif 1 000 projets REUT d’ici 2027).

Baisser la température des bassins, c’est un geste qui rapporte beaucoup de communication pour très peu d’économie réelle. Les leviers qui fonctionnent sont ceux qu’on peut mesurer : débits, kWh, m³, retour sur investissement.

AME Centres Aquatiques

AME Centres Aquatiques accompagne les exploitants dans l’optimisation énergétique et hydrique de leurs équipements.
contact@ame-ca.fr — www.ame-ca.fr — 06 18 67 61 71

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